Interview de Alexandra Gómez (Senior Legal Counsel à la FIFPRO)

par | 12, Oct, 2022

Rencontre avec Alexandra Gómez, Senior Legal Counsel à la FIFPRO. Au micro de Jurisportiva, l’avocate uruguayenne présente le syndicat international des joueurs de football basé aux Pays-Bas et au sein duquel elle travaille. Elle revient également sur la question de l’interdiction de transferts internationaux de joueurs mineurs, l’intensité du calendrier des professionnels ou encore les diverses déviances affectant les joueurs de football aujourd’hui et la manière donc la FIFPRO lutte contre cela. Entretien également disponible en anglais ci-dessous / Interview also available below.

French version

Bonjour Madame, pourriez-vous d’abord vous présenter ?

Bonjour. Je m’appelle Alexandra Gomez, je suis Juriste Senior à la FIFPRO depuis désormais neuf ans mais je suis avocate de formation. Je suis originaire d’Uruguay, j’ai étudié le droit là bas avant de rejoindre l’Europe pour réaliser un Master en droit commercial international aux Pays-Bas. Puis j’ai effectué une spécialisation en droit du sport avant d’intégrer la FIFPRO, toujours aux Pays-Bas.

Pouvez-vous présenter la structure de la FIFPRO et les missions que vous avez en tant que Senior Legal Counsel ?

La FIFPRO est l’institution internationale qui représente les footballeurs professionnels du monde entier. C’est une organisation composée de différents membres, que sont les associations de joueurs et les syndicats des différents pays du monde. C’est en quelque sorte une organisation mère qui rassemble tous les syndicats concernés. L’objectif premier est de faire porter la parole des joueurs. Nous sommes d’une certaine manière la voix internationale des footballeurs professionnels (hommes et femmes). C’est aussi nous qui interagissons avec les instances dirigeantes internationales (négociations avec la FIFA, ou les confédérations d’Asie, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique…).

À quels problèmes juridiques êtes-vous confrontés à la FIFPRO ?

Beaucoup, les problèmes majeurs du football. Principalement, le non-paiement des salaires et les mauvaises conditions de travail de certains footballeurs professionnels. Si la vision globale des spectateurs, des médias est de penser que dans le football, tous les joueurs sont riches, la réalité est pourtant malheureusement toute autre, c’est une très petite minorité. Des études récentes ont montré que ce n’est pas la réalité de la plupart des joueurs. Près de la moitié des joueurs dans le monde sont payés moins de 1000 dollars par mois, et près de la moitié des joueurs ne sont pas payés à temps. Je ne connais aucune autre industrie dans le monde où il est si courant de ne pas payer le salaire des employés à la date butoire. Ce n’est pas une question de jours, c’est généralement des mois de retard. Si vous êtes payé moins de 1000 dollars par mois et que vous n’êtes pas payé à la date d’échéance mais des mois après, comment pouvez-vous vivre correctement ?

À la FIFPRO, nous faisons de plus en plus de recherches sur plusieurs aspects pour améliorer cela. Le premier volet concerne la prévention. Il est important de demander aux joueurs de s’adresser ou de solliciter un syndicat avant de signer un éventuel contrat. Parce qu’on voit aujourd’hui que dans le football, il y a beaucoup de contrats abusifs. S’il n’y a pas de syndicat, ils peuvent simplement contacter directement la FIFPRO. Ensuite, lorsqu’il y a un problème avec un contrat (rupture de contrat par exemple), nous essayons aussi d’apporter notre aide.

Avec la FIFA, nous travaillons ensemble au sein de la Chambre de Résolution des Litiges. La moitié des juges qui statuent sur les affaires liées au travail sont nommés par la FIFPRO. Au niveau politique, nous négocions également en permanence avec la FIFA pour l’amélioration de la réglementation.

Que pensez-vous de l’article 19 du RSTJ de la FIFA et du transfert international du joueur mineur ? Faut-il réformer cette disposition ? Comment?

C’est une question très délicate. Nous sommes en principe alignés sur les restrictions de la FIFA en matière de transferts internationaux de joueurs mineurs. Nous croyons profondément que l’intérêt supérieur du mineur est le plus important. Ce sont des mineurs, nous devons donc les protéger. Même si les mineurs le souhaitent. Nous devons réfléchir à ce qui est le mieux pour eux. Si on autorise les transferts, alors la structure d’accueil doit permettre une bonne protection, c’est un enjeu majeur. Certains disent que la liberté de transfert est dans le grand intérêt de certains mineurs à déménager dans un nouveau club, et il est bien vrai que cela pourrait l’être. Donc idéalement, nous devrions regarder au cas par cas mais parce que la FIFA n’est pas préparée pour cela, nous pensons que la meilleure option actuelle est de préférer des restrictions pour le moment. Concrètement, je pense qu’il vaut vraiment la peine de continuer à réfléchir à une réforme de l’article 19. Combien de mineurs en pratique ne sont pas autorisés à se déplacer là où ils auraient pu se déplacer vers un meilleur endroit ou le contexte sportif et social est meilleur ? Et combien auraient pu être mis en danger. Nous devons faire plus de recherches et être sûrs de ce que nous faisons. La FIFA n’est pas prête à mon avis. Il faut regarder la situation dans son ensemble, sans prendre trop de risques.

Kevin De Bruyne a récemment alerté sur l’inutilité de la Ligue des Nations, notamment du fait que les joueurs n’arrivent plus à suivre le rythme trop intense du calendrier. Quelle est votre opinion ?

Nous sommes entièrement d’accord et soutenons ce qu’a récemment dit Kevin de Bruyne. Nous avons beaucoup discuté à propos de ce sujet ces dernières années. 

On a d’ailleurs lancé un rapport qui s’appelle « À la limite », au sein duquel il en ressort que les footballeurs ne peuvent pas continuer à jouer au football comme cela. La création de nouvelles compétitions ne tient pas compte de l’entièreté des joueurs. Ces derniers ont besoin de se reposer, ce ne sont pas des robots, ce sont des gens comme nous. Ce sont aussi des travailleurs, ils ont droit au repos. Même si nous changeons d’angle, en choisissant celui du spectateur, des diffuseurs ou encore des propriétaires de clubs, un joueur qui n’a pas suffisamment de repos ne peut offrir le même spectacle. Il y aura également plus de blessures, ce n’est vraiment pas la chose intelligente à faire pour ceux qui veulent davantage de matchs car si les joueurs se blessent, ils ne pourront pas jouer et toute l’industrie gagnera moins.

Nous développons également un outil sur notre site internet qui s’appelle « l’outil de suivi des joueurs ». Vous y trouverez une liste de nombreux joueurs, et par exemple le nombre de kilomètres qu’ils ont parcourus ces dernières années, combien de jours de congé ils ont eu, combien de matchs consécutifs ils ont joués. Dans le football masculin, le calendrier est très chargé alors que dans celui féminin, certaines périodes sont marquées par une grosse intensité et puis plus aucun match pendant longtemps. C’est passer d’un extrême à l’autre. Dans les deux cas, ce n’est pas satisfaisant. Nous devons équilibrer et comprendre la réalité du football masculin et féminin. L’idée de Coupe du monde tous les 2 ans chez les hommes est ridicule.

La FIFPRO appelle à une réforme de la gouvernance de l’UEFA. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

En effet, je pense qu’il ne s’agit pas seulement de réforme à l’UEFA mais de toutes les instances dirigeantes du football. Nous aimerions que la voix des joueurs soit davantage représentée dans les affaires qui les concernent (calendrier international des matchs par exemple). La première préoccupation ce sont les joueurs donc il faut beaucoup plus d’implication, et notamment une vraie implication des joueurs.

Comment luttez-vous à votre échelle contre les violences sexuelles commises sur les joueurs de football ?

C’est quelque chose sur lequel nous avons beaucoup travaillé ces dernières années puisque certains joueurs ont récemment dénoncé ces agissements. C’est un sujet sur lequel nous n’étions pas tant focalisés auparavant. Je pense que cela s’explique par deux raisons principales : il n’y avait pas beaucoup d’affaires ouvertes et les joueurs n’en parlaient pas beaucoup, mais aussi le fait qu’il y avait un sentiment général que ce n’était pas le travail d’un syndicat de traiter de ces affaires. 

Bien sûr, nous avons heureusement surmonté cela, étant entendu que c’est dans la protection des droits du travail, car vous n’êtes évidemment pas en mesure de travailler efficacement si vous êtes constamment menacé de harcèlement sexuel, de violence ou que ne vous vous sentez pas à l’aise dans votre environnement de travail… Nous avons récemment travaillé sur les cas en Afghanistan, en Haïti, en Argentine et au Gabon, entre autres.. Nous voyons de plus en plus de scandales donc nous travaillons chaque jour pour soutenir les joueurs et empêcher cela. Faire en sorte que la réglementation soit adaptée dans les fédérations, au sein des clubs, que des protocoles soient mis en place, que les victimes puissent faire confiance à un système qui les protège. Il y a un besoin immense d’éduquer. Les instances dirigeantes doivent accepter qu’elles ne puissent pas tout savoir et maîtriser, elles ont besoin de travailler mais aussi d’être éduquées. Il reste donc un long chemin à parcourir, mais au moins au niveau de la FIFPRO, nous allons dans la bonne direction car nous pouvons voir que les joueurs se sentent plus à l’aise pour parler.

Nous avons rencontré beaucoup d’obstacles dans ce combat, parfois on a l’impression d’avancer d’un pas et puis la FIFA se prononce et on recule de deux, comme en témoigne une récente affaire en Argentine. La FIFA a décidé que les témoignages de 5 joueurs plus un témoignage indirect d’un entraîneur n’étaient pas suffisants pour prouver l’abus d’un entraîneur. Comment encourager les victimes à continuer à dénoncer, à parler et à témoigner si la FIFA ne les écoute pas ou dit qu’il n’y a pas suffisamment de preuves, sans mener d’enquête plus approfondie ? Nous continuons à nous battre pour faire évoluer cela. Nous devons organiser plus de conférences sur le sujet afin que les informations soient diffusées et que nous commencions à traiter une question aussi importante de manière adéquate.

Quelles actions mettez-vous en place pour lutter contre le racisme ?

Nous menons différentes campagnes avec plusieurs organisations, telles que la campagne appelée #Itspersonal. Cette campagne concerne différents joueurs de football, comme Giorgio Chiellini, défiant le racisme. Il explique qu’il n’a jamais connu le racisme de sa propre expérience, mais qu’il en avait fait une affaire personnelle, notamment si quelqu’un offense ou insulte l’un de ses coéquipiers. C’est une campagne qui essaie de faire passer le message de l’importance de la solidarité dans le football, particulièrement dans ces moments là.

Quels sont les enjeux clés pour la FIFPRO ?

Nous sommes toujours en négociation sur la réforme du système de transfert. Il y a beaucoup de choses à changer dans ce système pour le rendre moins restrictif et plus protecteur pour les joueurs. Par exemple, si vous résiliez votre contrat sans juste cause en tant que joueur, vous ne savez pas quelles seront les conséquences. Alors que si un club rompt un contrat sans juste cause, il peut calculer quel est le maximum qu’il devra payer et il paiera probablement beaucoup moins parce que le joueur trouvera un nouvel emploi, ce qui signifie que l’argent gagné dans le nouveau club seront déduits de l’indemnité que le club fautif devra verser au joueur. Le club profite du travail d’un joueur, ce n’est pas le cas si c’est le joueur qui rompt le contrat. Pourquoi le joueur romprait-il le contrat sans juste cause ? Rompre le contrat sans juste cause signifie que vous ne voulez plus travailler là-bas donc parfois c’est compliqué parce que peut-être que vous n’aimez plus votre environnement de travail, même s’il n’y a pas toujours de raisons spécifiques. Personnellement si un jour, je n’aime plus mon travail à la FIFPRO, je leur dirai au revoir et je démissionnerai de mon poste. Les joueurs, eux, ne peuvent pas le faire, car ils seront sanctionnés financièrement (de façon disproportionnée) mais aussi par des sanctions sportives qui ne leur permettront pas de travailler parfois jusqu’à 6 mois. C’est complètement abusif. Il y a donc beaucoup de choses que nous pourrions réformer au sein du système de transfert. La FIFA a promis que nous discuterions de divers sujets autour du système de transfert, mais les choses prennent encore du retard. Il y a beaucoup de bonnes choses qui ont été négociées en faveur des joueurs ces derniers temps, mais il y en a encore plus qui doivent changer.

English version

Meeting with Alexandra Gómez, Senior Legal Counsel at FIFPRO. For Jurisportiva, the Uruguayan lawyer presents the international soccer players’ union based in the Netherlands in which she works. She also discusses the issue with the prohibition of international transfers of minors, the intensity of the professional football players calendar and the various deviances affecting soccer players today and how FIFPRO is fighting against them.

Hello Madam, could you introduce yourself first?

Hi. My name is Alexandra Gomez, I am a Senior Legal Counsel at FIFPRO. 

I’ve been working there for nine years already. I am originally from Uruguay but I work in the headquarters of FIFPRO in the Netherlands. 

I am basically a lawyer. I studied law in Uruguay and I did a Master in International Commercial law in the Netherlands too. Then I was introduced to sports law before I joined FIFPRO.

Can you present the structure of FIFPRO and the missions you have as a Senior Legal Counsel?

FIFPRO is the international body that represents professional football players all around the world. It’s an organization composed of different members, who are the players’ associations or the unions in the different countries in the world. We are kind of an umbrella organization that is bringing all the unions together to share knowledge, to support each other, to help each other and to make the player’s voice stronger. We are the international voice of let’s say the professional football players (male and female). We are the ones that are interacting with the international governing bodies as well (negotiations with FIFA, confederations as Asia, Europe, Africa and the America’s …).  

What legal issues do you face at FIFPRO?

A lot. All the football’s problems, mainly, the non-payment of salaries and the poor working conditions of some professional football players. Although, when people are normal spectators watching a football match and they just see a lot of wealthy players that seem to be doing really well, that’s a very small minority. Recent researches have shown that it is not the reality of most of the players, that almost half of the players around the world are paid less than 1000 dollars per month, and almost half of the players are not paid on time which is really bad. I don’t know any other industry in the world where it is so common not to pay the salary on the due date. It’s not a matter of days, it is usually about months of delay. If you are paid less than 1000 dollars per month and you are not getting paid on the due date but months after, how can you live properly?

At FIFPRO, there are many fields that we are looking at. The first one is about prevention. It is very important to ask that players go to a union before signing any contract. Because we see that in the football realm, there are a lot of abusive contracts. If there is no union, they can just directly reach out to FIFPRO. Then, when there is a problem with a contract (breach of contract for instance), we also try to assist our unions. 

With FIFA, we work together on the Disputes Resolution Chamber. Half of the judges that decide on labor related cases are nominated by FIFPRO. At the political level, we are also constantly negotiating with FIFA for the improvement of the regulations, to have a better basis to start from.

What is your view on article 19 of the FIFA RSTP and the international transfer of the minor player? Should this provision be reformed? How?

It is a very tricky one. We are in principle aligned with the FIFA restrictions in terms of international transfers of minors. We deeply believe that the high interest of the minor is the most important. They are minors, so we need to protect them. Even if the minors want to. We need to think about what is the best for them. If we allow the movement, the structure must enable proper protection, this is a major issue. Some say that the freedom of movement is in the high interest of some minors to move to a better club, and it is indeed true that this could be. So ideally, we should look case by case but because the structure is not prepared for that and the enforcement is also not prepared unfortunately, we think that the best option is to restrict a little bit more for the time being. Concretely, I think it is definitely worth to continue looking at article 19, specifically how it is impacting minors. How many minors in practice are not allowed to move where they could have moved to a better place or sporting context and how many could have been put in danger. We have to do more research and be sure of what we are doing. FIFA is not ready in my opinion. We have to look at the whole picture, without taking too many risks.  

Kevin De Bruyne recently warned of the uselessness of the Nations League, in particular due to the fact that players can no longer keep up with the too intense rhythm of the calendar. What is your opinion ?

We fully agree and support what Kevin de Bruyne said. We have discussed a lot on this topic for the last few years, we have launched a report which is called “At the limit” and football players cannot keep on playing football like this. The tournaments are not created with a global vision. The players need to rest, they are not robots, they are people like us. They are workers as well, they have a right to rest. Even if we are changing the angle, choosing the spectator angle. A player that does not have sufficient rest cannot provide the same show on the pitch. You will also get more injuries, it is really not the smart thing to do for those who want more and more games because if players get injured, basically they can’t play so the whole industry earns less money. We also develop a tool on our website that is called the “player monitoring tool”. There you can find a list of a lot of players, and for example the number of kilometers they have traveled the last few years, how many days off they have had, how many back to back games they have played. In the male’s game we have a really congested calendar whereas in the female’s one, we have for certain periods a big congestion and then no games for a very long time. It’s like going from an extreme to another. We need to balance and understand the reality of men’s and women’s football. The world cup every 2 years for males is ridiculous.

FIFPRO calls for UEFA governance reform. What can you tell us about this?

Well, this in general, i think this is not only about UEFA but all governing bodies. We would like to see the voices of players being represented in the matters that affect players (international match calendar for instance). The first concern are the players so it needs much more involvement, true involvement of players.  

How do you fight at your level against sexual violence committed against players?

This is something that we have been working on a lot the last few years since the silence has been broken by some players. It is a subject that we were not that much focused on previously. I think this is for two principal reasons : there were not a lot of open cases and players did not speak about it that much, but also the fact that there was a previous understanding that it was not the job of a union to deal with these matters.. Of course we have thankfully overcome this, in the understandign that it is in the protection of the labour rights, as you are obviously not able to fulfill your job if you have a constant threat of sexual harassments, violence…We have been working on cases in Afghanistan, Haiti, Argentina and Gabon, among others.. We see more and more scandals so we are working every day to support players and prevent this. Making sure the regulations  are adapted in the federations, within the clubs, that protocols are put in place, that victims can trust a system that will protect them. We need to educate ourselves so much. The governing bodies need to assume that they don’t know everything, they need to study this particular field, to be educated. We are very far from being there. So there is a long way to go, but at least at FIFPRO level, we are going in the right direction because we can see that players are feeling more comfortable to speak.

We have encountered many obstacles, sometimes we feel we move forward and then we get decisions of FIFA that area major step back, like recently in a case regarding Argentina. There FIFA decided that 5 player’s testimonies plus an indirect testimony of a coach were not sufficient to prove a coach’s abuse. How can we encourage victims to keep denouncing, speaking up and testifying if FIFA doesn’t listen to them or says that there is not sufficient evidence, without carrying out any further investigation? We keep on fighting to change this. We have to organize more workshops, conferences about this topic so that knowledge is spread and we start dealing with such an important matter in the right way.

What actions do you put in place or do you propose for the fight against racism?

We run different campaigns with several organizations such as the campaign called #Itspersonal. This campaign is about different football players, like Giorgio Chellini, challenging racism. He explains  that he never experienced racism himself, but that it is personal to him if someone offended his teammates. It is a campaign that tries to bring the message of the importance of standing together. 

What are the major and key challenges for FIFPRO? 

We are still in negotiations on the transfer system reform. There are many things to change within this system to make it less restrictive and more protective on players. We have some biases within the transfer relations. For instance, if you terminate a contract without just cause as a player, you do not know what the consequences will be. Whereas if a club breaches a contract without just cause, they can calculate what is the maximum that they will have to pay and they will probably pay much less because the player will find a new job, which means that the money earned in the new club will be deducted from the compensation the club in breach has to pay to the player. The club benefits from the work of a player, it doesn’t happen the other way around if it is the player that breaches the contract. Why would the player breach the contract without just cause? Breaching the contract without just cause means that you don’t want to work there anymore so sometimes it is horrible because maybe that you don’t like your work environment anymore, even if there are no specific reasons such as bullying. If one day, I actually don’t like my job at FIFPRO, I will say goodbye and I will quit. The players can’t do that, because they will be sanctioned with a financial compensation that is normally completely disproportionate  but also with sporting sanctions which do not allow them to work for up to 6 months. This is insane. It is really heavy. So there are a lot of things that we can reform within the transfer system. FIFA promised that we will discuss various topics around the transfer system but things are being delayed. There are many good things that have been negotiated in favor of the players lately, but there is much more that needs to change.

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