Interview de William Heude (Directeur associé d’Olbia Conseil)

par | 30, Nov, 2022

Rencontre avec William Heude, Directeur associé d’Olbia Conseil depuis 2019. Présentation d’Olbia et de ses missions d’assistance auprès des acteurs du sport français, rôle du cabinet à l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, ou encore convergences entre l’industrie du sport et celle de conseil sont tout autant de sujets abordés dans cette interview pour Jurisportiva.

Bonjour Monsieur, pourriez-vous dans un premier temps vous présenter ?

Bonjour, je suis William Heude, actuellement Directeur associé d’Olbia Conseil. Je suis ingénieur, diplômé de l’École des Mines de Nancy en 2009. Initialement formé sur le secteur de l’énergie et du développement durable, j’ai travaillé une dizaine d’années dans ce secteur (développement de centrales solaires photovoltaïques, stockage de gaz, smart grids). J’ai notamment travaillé 5 ans au sein du cabinet PwC, entre 2015 et 2020, au sein duquel j’ai appris les métiers du conseil. Puis, j’ai souhaité changer de secteur d’activité en m’impliquant sur le secteur du sport. J’ai découvert Olbia Conseil à cette occasion, que j’ai rejoint en avril 2020.

Pourquoi la création d’Olbia Conseil ? Pourquoi un cabinet de conseil ?

Olbia a été créé en 2014 par Thomas Remoleur et Pierre Messerlin. Avec leurs expériences passées au sein de cabinets ministériels et auprès du CNOSF, Thomas et Pierre ont perçu que le mouvement sportif était en pleine évolution et aurait besoin d’être accompagné dans cette période. En parallèle, un second constat les a convaincus de tenter l’aventure entrepreneuriale : les collectivités locales, premier financeur du sport après les ménages, et le sport français avaient des intérêts convergents mais ne se parlaient pas assez. En partant de ce double constat, ils ont créé Olbia Conseil, puis ont été rejoints par Benjamin Carlier en 2017.

Parmi les nombreux secteurs dans lesquels interviennent les cabinets de conseil, le sport ne fait pas partie de ceux auxquels on pourrait penser tout de suite. En quoi cela consiste vraiment dans l’industrie du sport ?

C’est en effet un secteur historiquement moins prisé par les cabinets de conseil, contrairement au milieu de la banque, de l’assurance, de l’énergie ou encore de l’aéronautique. Mais ce sont les mêmes besoins qui peuvent apparaitre dans le secteur du sport : stratégie de développement, stratégie digitale, organisation, analyse de marché, études de faisabilité, etc. Avec simplement des échelles et des spécificités différentes.

Vous et vos associés semblez avoir des profils assez variés. Quelle est la force de votre alliance et de vos différents profils ?

Thomas et Benjamin disposent d’une grande connaissance du secteur. Cela fait plus de 10 ans qu’ils évoluent dans cet écosystème et ils ont construit un réseau qui nous permet aujourd’hui d’être en capacité d’échanger avec tous les acteurs, qu’ils soient Président de Fédération, bénévole au sein d’une petite association, fondateur d’une startup, élus d’une collectivité ou organisateur de grands événements sportifs.

De mon côté, avec mon profil d’ingénieur et mon expérience au sein d’un cabinet de conseil d’envergure, j’ai de solides bases en méthodologie de conseil, structuration et conduite de projets. Cette complémentarité entre nos profils nous permet de répondre à la plupart des besoins de nos clients. Et si ce n’est pas le cas, nous travaillons volontiers avec d’autres entreprises qui nous sont complémentaires.

Quelles sont les principales missions du cabinet ? Avec quels acteurs travaillez-vous ?

Nous accompagnons trois typologies d’acteurs :

  • Les collectivités territoriales
  • Les acteurs dédiés au sport : fédérations, clubs, ligues, institutions nationales 
  • Les entreprises œuvrant ou souhaitant se développer dans le sport 

Nous accompagnons ces acteurs sur des sujets variés telles que des études d’opportunités, des stratégies de développement, leur communication ou leurs relations avec les acteurs du sport français.

Pouvez-vous donner l’exemple d’un acteur du sport que vous accompagnez et dans quelles missions ?

Oui, nous venons par exemple de finaliser une étude pour un département français qui va construire un important complexe sportif dédié à la pratique de l’escalade, ainsi qu’au développement du parasport. Nous avons accompagné ce département pour définir d’une part le modèle de fonctionnement du complexe sportif (quels utilisateurs, quelle mode de gestion du complexe, quelle politique tarifaire, quelles ressources humaines), et d’autre part comment ce site peut contribuer au rayonnement local, à travers l’organisation d’événements ou l’accueil de sportifs de haut-niveau.

Comment accompagnez-vous les territoires/collectivités sur des projets en lien avec Paris 24 ? Pourquoi et qu’est-ce que cela représente pour vous & eux ?

De nombreuses collectivités souhaitent bénéficier de l’énergie des JOP pour booster leur politique sportive localement. Nous accompagnons ainsi de nombreuses collectivités, avec nos amis de Spartner, sur leur ambition d’accueillir des équipes étrangères dans leurs centre de préparation aux Jeux (CPJ). Nous les aidons à s’approprier les dispositifs mis en place par Paris 2024 et identifier comment activer leur politique sportive à travers ces dispositifs : Terre de Jeux, l’Olympiade culturelle, les appels à projets, le design actif, les challenges du club 2024, etc. 

Que pensez-vous de la nécessité pour une société de conseil de s’associer avec d’autres acteurs pour répondre aux besoins du sport ?

C’est souvent nécessaire de pouvoir combiner des expertises pour répondre à un besoin précis d’un acteur. En France, il n’existe pas d’entreprises disposant à la fois d’une connaissance sectorielle du sport et d’une connaissance de tous les métiers qui le compose. Nous sommes donc souvent amenés à travailler avec le Centre de droit et d’économie du sport, des agences événementielles comme RnK sur le relais de la flamme Olympique, des avocats, etc. C’est d’ailleurs par ce type de groupement d’entreprise que j’ai découvert Olbia Conseil, à travers une mission conjointe menée alors que j’évoluais chez PwC, pour le compte de Paris 2024 et la création du label Terre de jeux 2024.

Pourriez-vous présenter Olbia Formation ? Que représente la création d’une telle formation pour Olbia ?

Olbia Formation est né en 2020, nous avons créé une formation d’acculturation au sport car de nombreuses personnes nous contactaient pour mieux comprendre le secteur et pour s’y développer professionnellement. Fort de ce succès, nous avons obtenu la certification Qualiopi. Nous avons ensuite développé des programmes de formations sur mesure, soit en marque blanche, pour le compte d’acteurs du sport comme le CNOSF et son « club des 300 » femmes dirigeantes dans le sport », ou en partenariat comme avec l’Association des élus en charge des sports (ANDES) pour accompagner les élus au sport dans leur prise de fonction.

Cela présente donc un nouvel axe d’activité intéressant pour nous, car on sent que ce besoin de formation est très présent et que de nombreux acteurs du sport cherchent à mieux former leur écosystème. C’est également l’opportunité de partager notre connaissance et d’aider les personnes formées à mieux comprendre l’univers du sport et commencer à y développer leur propre réseau.

Un constat flagrant que vous avez remarqué au sein du secteur du sport au cours des dernières années ?

Je manque encore de recul car je n’évolue dans l’industrie du sport que depuis 3 ans, mais à la différence du secteur de l’énergie dans lequel j’ai longtemps travaillé, j’ai le sentiment que l’écosystème du sport est un microcosme. La diversité d’acteurs est forte mais les organisations sont petites, et l’on croise souvent les mêmes personnes. Il est donc clé de bien connaitre les acteurs, comprendre le rôle de chacun, identifier les synergies. Notre rôle chez Olbia, c’est aussi d’aider à créer des ponts entre ces acteurs pour contribuer au développement du sport.

Quelles sont les projets pour Olbia sur le court, moyen et long terme ?

Nous poursuivons notre croissance, avec l’arrivée de plusieurs salariés en 2022 et 2023, donc à très court terme, nous allons déménager !

Ensuite, il est certain que l’organisation des Jeux à Paris en 2024 est une forte locomotive pour le marché. À nous de nous de profiter de cette dynamique pour avancer, tout en restant focalisés sur notre cœur d’activité qui perdurera post 2024.

Enfin, chez Olbia, nous aimons bien tenter des choses, proposer de nouvelles idées, comme Olbia Formation par exemple. Identifier des nouveaux sujets sur lesquels nous épanouir est l’un des axes de développement à long terme.

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