Interview de Etienne Cassagne (Directeur du MS MOS)

par | 6, Jan, 2022

Jurisportiva est allé à la rencontre d’Etienne Cassagne, Directeur du Mastère Spécialisé Management Responsable des Organisations Sportives. Durant l’échange, ce dernier présente la formation qu’il dirige à Audencia Business School, la particularité du secteur du sport, sa vision de la mutation responsable des organisations sportives, les dernières évolutions afférentes à l’écosystème du sport (e-sport, mixité…).

Bonjour Monsieur Cassagne, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

Bonjour, je suis Étienne Cassagne, directeur du Mastère Spécialisé Management Responsable des Organisations Sportives d’Audencia. J’occupe ce poste depuis un peu plus de 3 ans (c’est ma 4ème promotion actuellement). En parallèle de cela, je participe au développement du volet “sport” à Audencia, et j’aide à favoriser l’accessibilité des sportifs de haut-niveau dans les formations de l’école.

Au niveau de mon parcours, je suis diplômé d’Audencia, j’ai fait le parcours Grande École post Classes Préparatoires, puis en dernière année, j’ai intégré le Mastère MOS pour faire original (rires) en 2008/2009. Suite à cela, pendant 8 ans j’ai travaillé chez Coca Cola dans les équipes marketing/événementiel/sponsoring avec une dominante sport. J’ai notamment eu l’occasion de travailler sur un évènement comme l’Euro 2016 où j’étais responsable des activations marketing pour la France et l’Europe. Depuis 2016, je me suis lancé à mon compte dans le coaching, le consulting, tout cela dans le sport majoritairement.

Pouvez-vous présenter le MS Management Responsable des Organisations Sportives, que vous dirigez ? 

Le “MS MOS” comme on l’appelle entre nous, est un Mastère Spécialisé accessible à partir d’un Master 2, avec quelques dérogations possibles pour des Masters 1, voire Licences.

C’est un Mastère qui regroupe une trentaine d’étudiants passionnés de sport. Cela peut paraître peu original mais c’est le point de départ. Ils viennent de tous horizons (étudiants en commerce, en droit, ingénieurs…). Une bonne partie de la promotion (⅓ environ) a déjà travaillé et effectue ce MS en vue de se spécialiser.

L’objectif de ce Mastère est de donner une vraie teinte « sport » aux étudiants, mais aussi une teinte management pour ceux venant d’autres formations, à travers la présentation et l’étude de tous les secteurs, tous les métiers liés à l’écosystème du sport. Le MOS se développe également sur l’étude des acteurs associatifs, des ONG du paysage sportif, tout aussi importants…

C’est une formation destinée aux personnes ayant vocation à travailler dans le secteur du sport avec des fonctions managériales au sein des organisations sportives (clubs, fédérations, ligues, associations, annonceurs, startups, agences de communications, organisateurs d’évènements…).

De plus en plus de Masters en Management du Sport existent. Quelles sont les spécificités de votre formation? 

Notre force au MOS, c’est avant tout notre ancienneté. Cela fait 30 ans que le Mastère existe, c’est une chance, un gage de qualité. On a toujours su accompagner avec bienveillance et de manière qualitative les étudiants. On se sert de cette notoriété pour avancer, car même si c’est toujours le même Mastère, il évolue par son contenu tout en gardant un socle identique basé sur les valeurs communes de l’école. Ces dernières années, l’approche du Mastère a changé, il évolue avec l’écosystème du sport. Le MOS s’est transformé, il est devenu plus responsable, à l’image du sport. Il intègre désormais des disciplines comme la RSE, devenu pilier du programme.

Comment se passe la professionnalisation du Master ? Des stages, ou une alternance sont-ils organisés ? 

Il y a deux temps dans le MOS. 

Le premier se déroule sur le campus parisien près de Montparnasse, de septembre à fin mars. Nous faisons intervenir directement les acteurs concernés afin de permettre aux étudiants d’échanger avec eux. Il y a également des projets très concrets avec des entreprises dans le sport par groupe de 3/4 à raison d’1 jour par semaine. 

Le second temps est un stage de 4 à 6 mois d’avril jusqu’en décembre.

Avez-vous des exemples de disciplines enseignées? 

C’est un Mastère assez généraliste avec une approche à 360 degrés du sport. 

Il y a évidemment les fondamentaux : en management, en comptabilité, finance.

Il y a aussi les fondamentaux du sport à savoir “la gouvernance du sport” “la géopolitique dans le sport”, “sociologie, éthique dans le sport”…

Sans oublier les spécialités du Sport, tels que l’apprentissage des métiers de la Communication, du Marketing, du Commercial, et de l’Événementiel !

Enfin, il y a également l’étude continue pendant l’année de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) car cette notion se retrouve de plus en plus au cœur des problématiques du secteur.

A l’échelle nationale et européenne, où se situe le MS MOS dans les classements? 

Cela dépend des classements. Au sein du classement le plus suivi “Eduniversal”, le MOS est classé 2ème français et 4ème européen. En espérant prochainement, une progression pour 2022.

Avez-vous des chiffres à nous communiquer concernant l’insertion professionnelle de vos étudiants dans l’industrie du sport ?

Les dernières années sont perturbées donc je dirais que les chiffres sont quelque peu faussés mais à peu près sur les dernières promotions, on constate une inclusion des étudiants dans le secteur du sport à hauteur de 80%. A mon sens, c’est une question d’opportunité, de patience et parfois et de mobilisation du réseau.

Auriez-vous des exemples d’entreprises dans lesquelles travaillent les ALUMNIS et quelles fonctions occupent- ils occupent?

Les entreprises sont larges, il y a les marques évidemment (Nike, Adidas, Puma…), les Clubs (PSG, Olympique Lyonnais, Olympique de Marseille…), les Fédérations (Fédérations Française de Football, Fédération Française de Golf), les Ligues (Ligue Nationale de Basket) ou encore Alpine Racing, Paris 2024…

Le MOS en 3 mots ?

Expérience

Responsable

Bienveillance 

Le MS a changé de dimension avec l’inclusion de la RSE dans les valeurs du programme, que pouvez-vous nous en dire?

C’est à la fois l’intégration d’un module dédié à cette question-là mais aussi une sensibilisation tout au long de l’année à travers les projets. Cette notion RSE est présente du début à la fin du programme. Il est désormais impossible d’appréhender le sport dans sa globalité en ne prenant pas en compte le développement durable, la RSE…

Que pensez-vous de l’évolution de l’e-sport et comment votre Master appréhende t-il cette discipline ?

C’est un sujet très intéressant qui se développe de plus en plus. Néanmoins je dirais que cela n’intéresse pas tout le monde. Il y a les férus de e-sport, les curieux et d’autres personnes un peu moins intéressées. Il y a donc au sein du MOS, une introduction sur ce thème et un module optionnel pour ceux qui veulent compléter leur formation à ce sujet.

Nous tendons de plus en plus vers la mixité mais le sport fait encore partie des secteurs où cela met un certain temps. Que diriez-vous à une étudiante qui souhaiterait rejoindre le Master MOS?

Je lui dirais : « Bienvenue! ». Les femmes sont vraiment les bienvenues dans le monde du sport et je suis persuadé que ce secteur a besoin d’elles, en nombre. Nous n’avons malheureusement en moyenne que 25% de femmes dans le programme. Donc je leur dirais aussi « Osez ! Venez ! On a besoin de vous».

Lorsque l’on veut travailler dans le secteur du sport, le choix d’une formation dédiée au management du sport se justifie-t-elle par rapport à un cursus de management plus généraliste ?

Je pense qu’il n’y a pas de voie toute tracée. C’est surtout la responsabilité de l’étudiant(e) ! Je pense en revanche qu’il est bon de toujours s’intéresser aux autres secteurs d’activités, de développer sa curiosité au-delà du sport pour y prendre les bonnes idées, des innovations applicables dans le secteur du Sport !  Quand on veut travailler dans le sport, ce qui compte vraiment, ce sont les moyens qu’on se donne et la motivation qu’on y met. 

Pourquoi diriez-vous que le sport est un secteur particulier ? 

Le sport est un secteur atypique, c’est certain. Mais ce n’est pas le seul. La musique est un secteur particulier. L’art est un secteur particulier. Le sport est peut-être encore plus spécial parce qu’il engage un résultat, une performance, qui influe sur de très nombreuses décisions. Le gain ou la perte d’un match peut avoir des conséquences très importantes sur les parties prenantes. Il faut donc composer avec cet aléa sportif!  Et puis, le sport est universel, pratiqué partout : en cela il est particulier, il unit, fait converger et rassemble les peuples.  L’engagement émotionnel est aussi une des spécificités du sport. Et quand on y travaille, il faut savoir composer avec toutes ces particularités.

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