Sport & Présidentielle : le programme de Valérie Pécresse

par | 4, Avr, 2022

À l’approche des élections à la Présidence de la République du 10 et 24 avril 2022, Jurisportiva dresse un panorama des mesures avancées par chacun des candidats dans le domaine du sport. Si il n’est (toujours) pas un axe majeur de la présidentielle, cet article à vocation descriptive nous apparaît essentiel. 

Certains programmes s’avèrent être denses, d’autres particulièrement légers voire inexistants. Voici donc, un à un et par ordre alphabétique, les propositions « sport » des douze candidats. 

Précisons d’emblée que Nathalie ARTHAUD, Marine LE PEN, Jean LASSALLE ou encore Philippe POUTOU ne proposent aucune mesure liée au sport.

Valérie PÉCRESSE entend « faire de la France une véritable Nation sportive ». « Je serai la présidente du sport français » ! affirme-t-elle.

24 mesures sur le sport sont mises en avant par la candidate républicaine, qui souligne quatre grands principes : « Protéger les athlètes de haut niveau, ouvrir le sport à tous, lancer un grand plan d’investissement sportif et mettre le sport au centre des politiques publiques ».

Ouvrir le sport à toutes et tous, dans les écoles comme dans les entreprises

Ouvrir les écoles, collèges et lycées au monde sportif en définissant, avec l’Education nationale et les collectivités territoriales, un plan de conventions entre établissements scolaires ou universitaires et clubs sportifs, afin de faciliter l’utilisation des infrastructures et l’encadrement des élèves.

Mobiliser les nouveaux établissements publics innovants proposés par Valérie Pécresse, où le sport occupera une place primordiale. 

Créer des externats d’excellence dans les collèges et les lycées en zones prioritaires,  ouverts jusqu’à l’heure du dîner et favorisant le travail, la culture mais aussi le sport.

Inciter à la prise de licence pour certains publics, notamment les jeunes les plus défavorisés, en encourageant les mutuelles à prendre en charge le sport sur ordonnance et en accompagnant spécifiquement les clubs formateurs.

Créer les conditions d’une réelle prise en compte de la pratique sportive féminine jusqu’à la haute performance, et développer le rôle des femmes dans toutes les fonctions fédérales, afin de briser le plafond de verre de la place des femmes dans le milieu du sport.

Accompagner les fédérations pour améliorer les conditions de la pratique et de la performance des personnes en situation de handicap.

Faciliter, avec les représentations syndicales et patronales, une meilleure prise en compte des activités physiques et sportives dans l’entreprise.

Valoriser l’engagement bénévole par des bonifications pour le calcul des annuités de retraite. Cette possibilité sera ouverte aux personnes ayant travaillé plus de dix ans comme bénévoles actifs dans une association.

Protéger et soutenir les athlètes de haut-niveau 

Créer un vrai statut des sportifs de haut niveau, avec un accompagnement financier, pour qu’ils puissent se consacrer pleinement à leur entraînement.

Mettre en place un centre de gestion et d’accompagnement des sportifs de haut-niveau, dédié à leur suivi scolaire, universitaire, socio-professionnel et sportif. Les enseignements scolaires et universitaires seront aménagés. 

Permettre aux CREPS d’accueillir la scolarité des stagiaires sur place, sur le modèle de l’Institut National des Sports et de l’Expertise (INSEP).

Déployer un grand plan d’investissement sportif, en impliquant les collectivités territoriales

Mettre en place un grand plan d’investissement en équipements sportifs, en lien avec les collectivités territoriales et en concertation avec les instances du mouvement sportif.

Imposer, en contrepartie des financements publics, la présence d’un club sportif résident, avec l’obligation d’instaurer une pratique féminine, grâce à des équipements aménagés et des vestiaires dédiés.

Apporter un soutien financier complémentaire lorsqu’un projet sportif s’adressera également aux personnes en situation de handicap.

Soutenir le développement du sport dans les départements d’outre-mer

Mettre en œuvre, sur 5 ans, un plan sport outre-mer spécifique pour compenser le déficit d’équipements des territoires éloignés.

Favoriser le maintien des champions sur place dans les outre-mer, en facilitant leurs déplacements dans l’Hexagone et leur participation à des stages ou des compétitions dans les pays proches.

Faire confiance au mouvement sportif 

Garantir un dialogue simplifié avec les fédérations, basé sur la confiance partagée et une facilitation des relations avec l’Etat.

Consolider l’action du CNOSF dans la défense du modèle fédéral et mettre en place une concertation régulière avec le CNOSF et les collectivités territoriales avant de prendre toute mesure structurante.

Mettre le sport au centre de toutes les politiques publiques

Créer un Ministère des Sports et de la Jeunesse, qui rayonnera en direction de toutes les politiques de l’Etat : éducation nationale, politique de la ville, culture, emploi, santé, etc.

Organiser une réunion de travail annuelle, présidée par la Présidence de la République, au cours de laquelle chaque ministre concerné fera le bilan de son action en faveur du sport. L’Etat retrouvera ainsi la totalité de ses compétences actuellement dévolues à l’Agence Nationale du Sport. Les différents échelons d’action et de décision seront également simplifiés.

Donner la priorité aux compétitions des équipes nationales sur celles des grands clubs. En outre, le sport professionnel deviendra plus solidaire du sport amateur.

Valoriser la performance de nos athlètes et notre présence dans les instances internationales, à travers un réseau diplomatique et d’influence.

Faire respecter les valeurs de la République dans la pratique du sport

Rétablir l’agrément préfectoral des associations sportives pour garantir le respect des principes de laïcité et des valeurs de la République : liberté d’accès aux associations, absence de prosélytisme religieux et interdiction du port du voile.

Combattre toutes les dérives qui peuvent entacher la réputation du sport : violences sexuelles, dopage, racisme, homophobie etc.

Interdire l’accès des associations sportives aux personnes radicalisées. 

Crédit photo : Midi Libre

Disclaimer : Jurisportiva est un média indépendant qui n’émet aucune opinion politique au sein de sa saga d’articles sur les programmes « sport » des candidats liés à la présidentielle 2022. L’intérêt de ces articles est simplement de relayer les informations des différents programmes.

Nos dernières publications

Interview de Audrey Bruin (Avocate en droit du sport)

Interview de Audrey Bruin (Avocate en droit du sport)

Rencontre avec Audrey Bruin, Avocate au Barreau d’Aix en Provence au sein du cabinet Bruin Avocat, en droit du travail et en droit du sport. Pour le média Jurisportiva, elle revient avec passion et intérêt sur son expérience de juriste au Département du Statut du...

Le Brevet et la Formule 1 : L’inversion d’un paradigme ?

Le Brevet et la Formule 1 : L’inversion d’un paradigme ?

Le monde de l’industrie automobile est l’un des plus grands utilisateurs du brevet. Se réservant de manière récurrente la première place du podium en France des entreprises innovant le plus sous couvert du brevet, questionner cet outil au travers d’un tel secteur...