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Interview de Fabrice Santoro

Je vous propose une rencontre avec un joueur qui a marqué le tennis français de son empreinte. Reconnaissable à son style de jeu atypique, Fabrice Santoro, a certes mis un terme à sa carrière 2009, mais en réalité il ne s’est jamais vraiment éloigné de son sport : le tennis. Auréolé d’un certain nombre de titres, l’ancien N°17 mondial m’a confié à travers cette interview, ses impressions sur sa reconversion dans les médias sportifs mais également sur ses plus belles années de tennis au plus haut niveau. 

Fabrice Santoro est l’une des légendes du tennis français. Ancien 17ème mondial au classement ATP, le joueur né à Tahiti est reconnaissable à son style de jeu et notamment à son atypique coup droit à deux mains. Le “magicien” comme le surnommait Pete Sampras, est auréolé de 6 titres en simple et de 24 titres en double. Désormais retraité des terrains depuis une dizaine d’années, le vainqueur de Roland Garros en double mixte avec Daniela Hantuchova lors de l’année 2005, est aujourd’hui consultant sportif sur BeinSport.

 

Le tennis français sort d’une belle décennie. Je ne suis pas sûr que les dix prochaines années soient aussi belles mais j’espère réellement me tromper

 

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Bonjour Monsieur. Vous faites partie des légendes du tennis français, comment cette passion de la petite balle jaune vous est née ?

Le tennis, c’est une grande histoire d’amour (rires). Je suis passionné de tennis depuis très jeune. Mon père était éducateur, je le voyais souvent jouer et je pense qu’au fond, cela m’a donné envie de me lancer aussi. Un jour, à la sortie des classes, à l’âge de 6 ans et demi, j’ai pris une raquette, j’ai commencé à taper la balle, et puis je ne l’ai plus jamais quittée.

Y a-t-il un joueur qui vous inspirait sur le circuit à l’époque?

Mon modèle a toujours été John McEnroe, bien que je jouais différemment de lui.

Vous êtes surnommé “le magicien” par Pete Sampras. Pouvez-vous revenir sur votre style de jeu et notamment, votre coup droit à deux mains tellement atypique mais si efficace ?

Atypique et cela peut paraître surprenant mais le coup droit à deux mains était avant tout quelque chose de naturel et d’inné chez moi. Cette originalité n’a pas toujours été facile dans le sens où elle était complexe d’un point de vue physique et technique mais à côté de cela, c’est devenu l’une de mes grandes forces. Mon revers était plus performant que mon coup droit, je pense que mon style de jeu faisait la différence grâce à mon toucher de balle notamment. Je tentais de déstabiliser l’adversaire par mes effets, les changements de rythme ou encore des “coups surprises”.

Parmi les trophées que vous avez soulevés, lequel a le plus de saveur à vos yeux?

Le plus beau, je dirais que c’est la victoire en Coupe Davis avec l’Equipe de France en Australie en 2001.

Y a t-il un match qui vous a particulièrement marqué durant votre carrière ?

Celui que je viens de citer mais surtout le match contre Murat Safin à Roland Garros en 2001.

Vous avez été au milieu d’une tourmente en 2007 pour un soi-disant match truqué contre Djokovic. Pouvez-vous revenir brièvement sur cet épisode et nous dire ce que vous pensez de ces déviances à l’éthique dans le tennis?

Oui, je m’en souviens très bien. Cette polémique concernait d’ailleurs davantage mon adversaire. Il y a évidemment des joueurs qui sont contactés par des personnes mal intentionnées mais concernant ce match, au vu du contexte et de l’adversaire, je pense que cela fut inventé de toutes pièces. Je pense que les matchs truqués et le dopage font partie des problématiques éthiques et sportives mais je pense que cela l’est dans tous les sports. Il y en a certainement au tennis mais je pense que ce sport est loin d’être le plus touché. On peut très bien être un immense champion sans tricher. Je pense que la majorité des joueurs de tennis sont loin d’avoir cette mentalité de tricheur, surtout en France. La lutte contre ces déviances éthiques au sport est importante.

Vous faites désormais partie des anciens qui ont marqué l’histoire du tennis français. Pensiez-vous en arriver là un jour ?

Honnêtement, non. Quand on est la tête dans le guidon on ne pense pas du tout à cela. J’avais une passion qui est devenu mon métier et j’ai exercé cela avec le plus grand professionnalisme mais je n’avais pas d’objectifs particuliers à l’époque. Je suis tout de même très fier de mon parcours.

D’un œil avisé, quel regard portez-vous sur le Top 10 mondial actuel ?

Ce sont plutôt les anciens qui sont encore aux commandes mais parmi les jeunes joueurs, j’aime particulièrement Tsitsipas et Thiem. Selon moi, ces deux-là iront loin et devraient remporter prochainement un titre majeur mais ce n’est que mon humble avis.

L’un d’eux est-il votre favori pour Roland Garros 2020 ? 

Non, je ne pense pas. Naturellement, je dirais que Rafael Nadal gagnera son 13ème Roland Garros à l’automne.

Etes-vous confiant pour l’avenir du tennis français ?

On sort d’une belle décennie avec de bons joueurs qui ont malheureusement toujours été stoppés aux abords du Top 5. Je ne suis pas sûr que les dix prochaines années soient aussi belles dans le tennis français, mais j’espère réellement me tromper. Je suivrai cela de près.

Vous êtes désormais Consultant chez BeinSport. Pensiez-vous déjà à votre reconversion dans un média sportif, lorsque vous n’étiez encore que joueur?

Je savais quand j’étais joueur, que lors de ma reconversion, j’aurais un pied dans les médias mais je ne savais pas précisément ce que je ferais. Je suis très épanoui, il y a une super ambiance et cela me permet de ne pas rester trop loin des terrains.

Vous avez été l’entraîneur de Gasquet et d’ Herbert, ne souhaitez-vous pas continuer à entraîner, en parallèle de votre poste de consultant chez BeinSport ?

Non ! Je n’ai plus envie de voyager. Entraîner implique beaucoup de déplacements donc je n’entraînerai plus, au même titre que je ne serai pas candidat à nouveau pour devenir le sélectionneur de l’Equipe de France, sauf si les joueurs « viennent me chercher ». Entraîner était une manière de continuer sur la voie du tennis que j’aime tant mais il y a trop de contraintes. Comme je suis aujourd’hui, je suis épanoui, et je n’ai pas envie de changer cela.

Quels sont vos objectifs d’avenir ?

Je souhaite simplement continuer mes activités dans le tennis, que ce soit à la TV française chez Beinsport ou bien encore les interviews sur le terrain à Roland Garros. En dehors du tennis, je vais continuer à vivre ma petite vie.

Pour finir, quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent faire du tennis, une carrière professionnelle ?

Je leur dirais qu’il faut toujours se donner à 100%; que cela soit en entraînement ou en match, ne jamais rien lâcher. Il faut évidemment être passionné car le tennis demande des sacrifices et de gros efforts. Lorsqu’on n’est pas passionné, c’est toujours plus compliqué.

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